LA GUERRE DE L’EAU

7 09 2010

 

 

 

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D’après Claire König (enseignante Sciences naturelles), la consommation de l’eau  a augmenté de dix fois depuis 1900, et beaucoup de régions atteignent les limites de leur approvisionnement. L’UNESCO a prévu qu’en 2020 l’eau sera un problème mondial sérieux. A l’heure où les réserves s’épuisent, on se demande s’il faut fixer un prix à l’eau. Quels sont les problèmes, existe-t-il des solution. 

La population du monde va probablement augmenter de 45% d’ici 30 ans, tandis que l’écoulement d’eau douce augmente de 10%. Un tiers de la population fait déjà face à des manques d’eau et à sa faible qualité.

Les effets incluent la maladie, la malnutrition et l’échec de récolte. En outre, l’utilisation excessive de l’eau a vu la dégradation de l’environnement coûtant des milliards de dollars …

 

 

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Le statut de ressource vitale qui est attribué à l’eau devrait interdire la notion même de marché de l’eau. Qui, en effet, oserait faire le commerce d’un bien qui, est à ce point indispensable à la vie ? D’autre part, donner une valeur économique à l’eau risque d’en priver les pays les plus faibles, qui ne disposent pas des ressources nécessaires à la couverture de leurs besoins et seraient incapables de payer pour avoir de l’eau en suffisance. 

Source : Géopolitique et guerre de l’eau (cliquez)

 

 

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La guerre de l’eau n’aura pas lieu …

Propos recueillis par Amy Otchet, journaliste au Courrier de l’UNESCO.

 

«Les guerres du XXIe siècle éclateront à cause de l’eau»: cette sinistre prédiction, très médiatisée, ne se justifie pas, estime le géographe américain Aaron Wolf*, qui se réfère à l’histoire des conflits sur l’eau.

 

L’orsque les journalistes évoquent le thème de l’eau, c’est presque toujours pour agiter le spectre de la guerre. Vous avez recensé tous les accords et tous les «incidents» internationaux liés à l’eau. Quand, pour la dernière fois, deux Etats se sont-ils battus pour l’eau?

 

La seule vraie guerre de l’eau connue remonte à 4 500 ans. Elle a opposé deux cités mésopotamiennes à propos du Tigre et de l’Euphrate, dans le sud de l’Irak actuel. Depuis, l’eau a parfois envenimé les relations internationales. Mais on voit souvent des nations ennemies — comme l’Inde et le Pakistan ou Israël et les Palestiniens — régler leurs conflits sur l’eau même s’ils se déchirent pour d’autres raisons.
Nous avons analysé tous les litiges connus qui ont opposé deux Etats au cours des 50 dernières années, sur les 261 bassins fluviaux existant dans le monde. Sur les 1 800 litiges recensés, les deux tiers sont apparus dans le cadre d’une coopération, par exemple lors d’enquêtes scientifiques communes ou au moment de la signature d’un traité (il en existe 150 sur l’eau).
Quant aux incidents plus sérieux, 80% se sont limités à des menaces verbales de chefs d’Etat, sans doute avant tout destinées à leur électorat. En 1979, le président Sadate déclarait ainsi, à propos du Nil, que «l’eau était le seul mobile qui pourrait conduire l’Egypte à entrer de nouveau en guerre». Le roi Hussein de Jordanie aurait dit la même chose en 1990, à propos du Jourdain. Cependant, au cours des 50 dernières années, on ne s’est battu pour l’eau que 37 fois, dont 27 concernaient Israël et la Syrie, à propos du Jourdain et du Yarmouk.

 

Selon certains, la pénurie croissante d’eau fait que l’on ne peut plus se référer au passé pour prédire le futur.

Les problèmes les plus graves semblent concerner le Tigre et l’Euphrate, ainsi que le Jourdain. Tous les pays limitrophes ont soif. Ils ont aussi les moyens de détourner l’eau de leurs voisins, avec qui ils sont déjà à couteaux tirés. Pourtant, tous ont trouvé des accords.

 

Il y a des guerres du pétrole, pourquoi pas de l’eau?

Sur le plan stratégique, se battre pour de l’eau est absurde: on n’accroît pas ses réserves en faisant la guerre au voisin, à moins de s’emparer de tout son bassin hydrographique et de le vider de ses habitants, et ce, au risque de terribles représailles.

 

Mais l’eau a déjà servi d’arme et de cible de guerre.

Tout le temps. Mais c’est un autre problème. Pendant la guerre du Golfe en 1991, l’Irak a détruit la plupart des usines de dessalement du Koweït et la coalition alliée a pris pour cible les infrastructures sanitaires et d’approvisionnement en eau de Bagdad. Avant l’intervention de l’OTAN au Kosovo, en 1999, les ingénieurs serbes ont fermé le système de distribution d’eau de Pristina.
Mais il faut distinguer l’eau en tant que source de conflit, ressource ou arme de guerre. De même, se battre pour du pétrole n’est pas la même chose qu’utiliser un lance-flammes ou du napalm.

 

Alors d’où viennent ces rumeurs concernant une guerre de l’eau?

En partie de l’après-guerre froide, quand l’armée s’est demandé: «et maintenant, que faisons-nous?». C’est là qu’on a commencé à parler de sécurité environnementale. Vers 1992, de nombreux politologues ont écrit que la pénurie de ressources allait mener à la guerre. Quand on réalise l’importance de l’eau pour les écosystèmes et les sociétés en général, il devient tentant de la considérer comme une source de conflit. Mais ces analystes ne mesuraient pas toutes les subtilités du problème.


Vous affirmez que l’eau, par sa nature même, incite les Etats à coopérer.

Les accords d’Oslo entre Israéliens et Palestiniens sont nés d’entretiens privés entre responsables de l’eau de la région, à Zurich en 1990 si mes souvenirs sont bons. Ce sont eux qui ont amené leurs homologues politiques à se rencontrer et initié le processus.
Ce genre de réactions en chaîne est fréquent. Plusieurs Etats des bords du Nil ont commencé par discuter de l’eau et élaborent aujourd’hui un accord qui inclut, entre autres, les réseaux routiers et électriques (voir pp. 30-31).

 

Vous soutenez que le danger est moins la pénurie que la tentation pour un pays de contrôler une voie d’eau internationale. Les conflits portent souvent sur la construction de barrages. Mais ces projets nécessitent généralement la participation d’organisations comme la Banque mondiale, qui les évalue selon des critères écologiques et éthiques. Comme elles tiennent les cordons de la bourse, ces organisations ne peuvent-elles pas prévenir les conflits?

C’est déjà arrivé. Mais comme les fonds viennent de plus en plus d’investisseurs privés, les banques de développement ne peuvent plus imposer leurs conditions. La Turquie, par exemple, réaffecte des fonds pour financer un projet controversé, qui prévoit la construction de 22 barrages et de 19 centrales électriques sur le Tigre et l’Euphrate. C’est aussi le cas en Inde, avec le barrage de Narmada, et en Chine, avec le projet des Trois Gorges.

 

Le Tigre et l’Euphrate sont considérés comme une poudrière. Qu’est-ce qui pourrait empêcher la Turquie, sans doute l’Etat le plus puissant de la région, de consolider ses intérêts au détriment de l’Irak et de la Syrie?

On en parle souvent, mais ce qui s’est passé est plus intéressant. Quand, en 1991, les pays occidentaux ont demandé à la Turquie de bloquer le cours de l’Euphrate vers l’Irak, Ankara leur a répondu: «Vous pouvez utiliser notre espace aérien et nos bases pour bombarder l’Irak mais nous ne leur couperons pas l’eau».
Depuis les années 1970, la Turquie, la Syrie et l’Irak sont liés par un accord tacite, que la Turquie, tout en construisant des barrages, continue de respecter. Au-delà de la polémique, la Syrie et l’Irak reconnaissent l’utilité de ces barrages, qui régularisent le flux du fleuve et prolongent la
saison agricole.
La Turquie veut être considérée comme un voisin loyal, d’abord parce qu’elle est membre de l’OTAN, ensuite pour des questions de politique intérieure et parce qu’elle tente d’adhérer à l’Union européenne. Le plus difficile dans cette affaire, c’est de rendre explicites des accords tacites.

 

Les experts soutiennent qu’un bassin fluvial doit être géré globalement. Mais la négociation de traités multilatéraux sur l’eau est un casse-tête…

Plus on est de fous, moins on rit, quand la souveraineté des Etats est en jeu. Prenez le Jourdain: il existe un accord entre la Syrie et la Jordanie, un autre entre la Jordanie et Israël, et un autre entre Israël et les Palestiniens: pas d’accord multilatéral donc, mais toute une série d’accords bilatéraux. Et cela fonctionne, même si les Palestiniens finiront par revendiquer, et probablement par obtenir, des droits plus étendus.

 

Pour régler les conflits, certains économistes prônent l’organisation d’un marché international de l’eau. Peut-on limiter les conflits en traitant l’eau comme une marchandise?

Les économistes peuvent quantifier les bénéfices tirés de l’eau. Par exemple, les Etats-Unis et le Canada ont signé un accord selon lequel les premiers disposent de barrages de crue sur le territoire canadien. Ils payent le Canada pour les bénéfices qu’ils en tirent. Il est généralement plus facile et plus équitable de se répartir des bénéfices que l’eau elle-même.
Les économistes ont aussi le mérite de rappeler qu’il faut rentabiliser les coûts de distribution, de traitement, de stockage de l’eau, etc. Nous sommes pressés de penser l’eau en termes de marché, même si cela ne s’applique pas encore au niveau international. Pourtant, mon attachement émotionnel, esthétique et religieux à l’eau m’empêche de la considérer comme une simple marchandise.

 


* Directeur d’un projet de base de données sur les conflits transfrontaliers sur l’eau
(
http://terra.geo.orst.edu) et maître de conférences à l’Oregon State University. 

Source : http://www.unesco.org/courier/2001_10/fr/doss01.htm 

 

 

La gestion de l’eau pèse sur l’ordre international

Alain Barluet - Le Figaro 05/07/2010 

 

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Des enfants jouent sur une portion asséchée de ma rivière Jialing, en 2006 à Chongqinq. La Chine doit faire face à la raréfaction et à la pollution de l’eau. Crédits photo : SIPA

 

La seule véritable «guerre de l’eau» a eu lieu il y a 4 000 ans. Mais l’ONU presse les gouvernements d’intégrer la politique hydrique à leur agenda prioritaire.

 

La guerre de l’eau menace la planète – même si les experts s’accordent à penser qu’elle peut être évitée. L’ONU n’en dresse pas moins un constat alarmant, dans un rapport publié la semaine dernière, qui lance à la communauté internationale un appel pressant à l’action.

Selon ce document, si la gestion actuelle, «non durable et inéquitable» de l’eau se poursuit, les conséquences seront «graves» pour le développement et la sécurité des hommes dans plusieurs régions du monde.

En Afrique et en Asie notamment, l’eau se raréfie, sous la double influence de la croissance démographique et du changement climatique, exacerbant les tensions économiques et politiques, en particulier dans les zones transfrontalières. La situation est particulièrement critique en Afrique subsaharienne, où la gestion des ressources en eau est notablement dégradée.

L’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie sont virtuellement en état d’«hydroconflictualité» pour le contrôle du Nil dont les eaux n’atteignent plus la mer. Au Zimbabwe, l’épidémie de choléra, qui a fait plus de 4 000 morts depuis août dernier, est due à la déliquescence des structures hydriques du pays. Sur le continent, les experts n’excluent pas qu’éclatent des «émeutes de l’eau», comme il y a eu, il y a quelques mois, des émeutes de la faim. Quant au conflit israélo-arabe, les enjeux représentés par la maîtrise des approvisionnements en eau ne sont plus à démontrer.

Le Tibet, «château d’eau» de l’Asie

Pour la Chine, en proie à la raréfaction et à la pollution de l’eau, le Tibet, véritable «château d’eau de l’Asie», représente, pour cette raison-là aussi, un intérêt majeur. On comprend également les inquiétudes de l’Inde de voir une partie des sources du Brahmapoutre ou de l’Indus déroutée par Pékin. Pareillement, le Vietnam est préoccupé par les projets d’aménagement du haut Mékong, derrière lesquels Hanoï voit se profiler le spectre de l’hydropuissance chinoise. Partout où elle se fait rare, l’eau est susceptible d’accentuer les vieilles rivalités historiques.

Pourtant, à l’instar des conclusions du rapport de l’ONU, les spécialistes ne voient pas émerger de guerre pour l’eau, même si la tendance lourde paraît inquiétante. Le seul conflit armé directement motivé par la conquête de l’«or bleu» est intervenu entre deux cités-États de Mésopotamie… il y a quelque 4 000 ans. «Il y a toujours eu régulation ou réflexe de survie», souligne un diplomate en charge de l’environnement. Selon l’ONU, le défi est maintenant de faire en sorte que les gouvernements intègrent la politique de l’eau à leur agenda prioritaire, au même titre que l’économie, l’énergie ou la sécurité. La coopération pour le développement doit y contribuer. Les innovations technologiques (notamment pour l’assainissement) et une coopération internationale accrue seront déterminantes pour prévenir les affrontements que pourrait susciter cette ressource en voie de raréfaction.

Source : Le Figaro (cliquez) 

 

 

La Géopolitique de l’eau

http://www.dailymotion.com/video/x7qtu1

 

Voir aussi : ressource hydrique

 

 

 

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